Interdictions de circulation des poids lourds en France : calendrier 2026, horaires, dérogations et sanctions
Poids lourds de plus de 7,5 t : interdiction du samedi 22 h au dimanche 22 h et les jours fériés, samedis d'été et d'hiver 2026, Île-de-France, exemptions, dérogations et sanctions.

En France, les véhicules et ensembles de véhicules de plus de 7,5 tonnes de PTAC affectés au transport routier de marchandises ne peuvent pas circuler, sur l’ensemble du réseau routier, du samedi 22 heures au dimanche 22 heures, ni de 22 heures la veille d’un jour férié à 22 heures le jour férié. La règle est fixée par l’arrêté du 16 avril 2021, en vigueur depuis le 1er mai 2021, qui a abrogé l’arrêté du 2 mars 2015 ; les véhicules spécialisés et agricoles n’y sont pas soumis. Pour 2026, l’arrêté du 26 décembre 2025 y a ajouté cinq samedis d’été, les 11, 18 et 25 juillet et les 1er et 8 août, de 7 heures à 19 heures sur tout le réseau métropolitain, et cinq samedis d’hiver, les 7, 14, 21 et 28 février et le 7 mars, de 7 heures à 18 heures sur des routes d’Auvergne-Rhône-Alpes. Certaines autoroutes d’Île-de-France ont en plus leurs propres horaires, dès le vendredi après-midi. Des transports sont exemptés, comme les denrées périssables et les animaux vivants, et le préfet peut accorder des dérogations. Selon le ministère des Transports, un manquement est puni de l’amende des contraventions de la quatrième classe et peut entraîner l’immobilisation du véhicule.
Situation au 19 octobre 2026. Sources : l’arrêté du 16 avril 2021 tel que publié au Journal officiel du 24 avril 2021, l’arrêté du 26 décembre 2025 (JO du 8 janvier 2026) et l’arrêté du 6 août 2026 (JO du 7 août 2026), diffusés par Bison Futé ; la page « Régime général » de Bison Futé et sa brochure « Véhicules lourds – Calendrier des interdictions complémentaires de circuler 2026 », consultées le 19 octobre 2026 ; la page du ministère de la Transition écologique (mise à jour du 28 juillet 2025), la fiche de Service-Public (vérifiée le 8 avril 2024) et la réponse du ministère des Transports à la question écrite n° 5656 (JO du 2 décembre 2025). La version consolidée de l’arrêté de 2021 sur Légifrance n’a pas pu être consultée : d’éventuelles modifications postérieures à sa publication ne sont donc pas prises en compte ici. Les samedis complémentaires de 2026 sont tous passés ; d’ici la fin de l’année, il reste les week-ends et les veilles et jours fériés de la Toussaint, du 11 novembre, de Noël et du Jour de l’an.
Quels véhicules sont concernés
L’article 1er de l’arrêté du 16 avril 2021 vise « la circulation des véhicules ou ensembles de véhicules de plus de 7,5 tonnes de poids total autorisé en charge affectés aux transports routiers de marchandises ». Le critère est donc le poids total autorisé en charge (PTAC) du véhicule ou de l’ensemble. La brochure Bison Futé 2026 précise que la règle vaut pour les marchandises « dangereuses et non dangereuses ». Les différentes masses (PTAC, PTRA) sont expliquées dans la page PTAC, PTRA : les poids des camions.
Deux catégories sont exclues dès l’article 1er, selon les définitions de l’annexe II :
- les véhicules spécialisés non affectés au transport de marchandises, dont le genre inscrit sur le certificat d’immatriculation est VASP (véhicule automoteur spécialisé), SRSP (semi-remorque spécialisée) ou RESP (remorque spécialisée) ;
- les véhicules et matériels agricoles de genre TRA (tracteur agricole), REA (remorque agricole), SREA (semi-remorque agricole), MAGA (machine agricole automotrice) et MIAR (machine et instrument agricole remorqué).
Le ministère de la Transition écologique indique que cette réglementation « s’impose à l’ensemble des transporteurs et à toutes les entreprises de transport ». Il lui assigne plusieurs objectifs : la sécurité routière, la fluidité du trafic, la défense contre la concurrence déloyale, ainsi que la préservation des conditions de travail et de la vie familiale et privée des chauffeurs. L’arrêté vise l’article R. 411-18 du Code de la route ; la fiche de Service-Public renvoie aux articles R. 411-17 à R. 411-24.
L’arrêté de 2021 a abrogé celui du 2 mars 2015 (article 10) et il est entré en vigueur le 1er mai 2021 (article 11). Les mesures prises sur le fondement de l’arrêté de 2015 « demeurent en vigueur jusqu’à leur expiration, abrogation ou remplacement » par des mesures prises en exécution du texte de 2021.
L’interdiction générale : week-ends et jours fériés
Le texte de l’article 1er est le suivant : la circulation est interdite « sur l’ensemble du réseau routier les samedis et veilles de jours fériés à partir de 22 heures et jusqu’à 22 heures les dimanches et jours fériés ». La brochure Bison Futé 2026 traduit cette règle en tranches horaires :
- les samedis et les veilles de jours fériés : de 22 h à 24 h ;
- les dimanches et les jours fériés : de 0 h à 22 h ;
- les samedis qui sont aussi fériés et les dimanches qui sont aussi veilles de jours fériés : de 0 h à 24 h.
Lorsqu’un jour férié suit un week-end ou tombe un samedi, l’interdiction s’étend donc sans interruption sur deux jours ou plus. Le tableau ci-dessous reprend les jours fériés de 2026 et les horaires indiqués par la brochure pour l’ensemble du réseau.
| Jour férié | Période d’interdiction |
|---|---|
| Jour de l’an, jeudi 1er janvier | jusqu’au jeudi 1er janvier à 22 h |
| Lundi de Pâques, lundi 6 avril | du samedi 4 avril à 22 h au lundi 6 avril à 22 h (dimanche 5 avril interdit toute la journée) |
| Fête du travail, vendredi 1er mai | du jeudi 30 avril à 22 h au vendredi 1er mai à 22 h |
| Victoire de 1945, vendredi 8 mai | du jeudi 7 mai à 22 h au vendredi 8 mai à 22 h |
| Ascension, jeudi 14 mai | du mercredi 13 mai à 22 h au jeudi 14 mai à 22 h |
| Lundi de Pentecôte, lundi 25 mai | du samedi 23 mai à 22 h au lundi 25 mai à 22 h (dimanche 24 mai interdit toute la journée) |
| Fête nationale, mardi 14 juillet | du lundi 13 juillet à 22 h au mardi 14 juillet à 22 h |
| Assomption, samedi 15 août | du vendredi 14 août à 22 h au dimanche 16 août à 22 h (samedi 15 août interdit toute la journée) |
| Toussaint, dimanche 1er novembre | du samedi 31 octobre à 22 h au dimanche 1er novembre à 22 h |
| Armistice 1918, mercredi 11 novembre | du mardi 10 novembre à 22 h au mercredi 11 novembre à 22 h |
| Noël, vendredi 25 décembre | du jeudi 24 décembre à 22 h au vendredi 25 décembre à 22 h |
| Jour de l’an, vendredi 1er janvier (2027) | du jeudi 31 décembre à 22 h au vendredi 1er janvier à 22 h |
La dernière ligne est celle qui clôt le calendrier de la brochure 2026. Pour combiner ces périodes d’arrêt avec les temps de conduite et de repos du conducteur, voir la page temps de conduite et de repos.
Les samedis d’interdiction complémentaire
L’article 2 de l’arrêté du 16 avril 2021 permet d’ajouter chaque année des samedis d’interdiction. Pour ces samedis, choisis parmi les samedis non fériés, les horaires de l’article 1er sont « remplacés » par les suivants :
- en été, sur l’ensemble du réseau routier métropolitain, durant sept samedis au plus, de 7 heures à 19 heures ; la circulation est autorisée de 0 heure à 7 heures et de 19 heures à 24 heures ces samedis-là ;
- en hiver, sur le réseau routier « Auvergne-Rhône-Alpes », durant cinq samedis au plus, de 7 heures à 18 heures et de 22 heures à 24 heures ; la circulation est autorisée de 0 heure à 7 heures et de 18 heures à 22 heures.
Les dates de l’année et les sections concernées du réseau « Auvergne-Rhône-Alpes » sont fixées par un arrêté du ministre chargé des transports et du ministre chargé de la sécurité routière. Les exemptions de l’article 4 s’appliquent aussi à ces samedis, sauf décision motivée du préfet de département.
Le calendrier 2026
Pour 2026, le texte applicable est l’arrêté du 26 décembre 2025, publié au Journal officiel du 8 janvier 2026 et entré en vigueur le lendemain de sa publication. Il complète l’arrêté de 2021 « pour l’année 2026 » et abroge l’arrêté du 20 décembre 2024, qui portait sur 2025.
| Période | Samedis | Horaires | Réseau |
|---|---|---|---|
| Hiver | 7, 14, 21 et 28 février, 7 mars 2026 | 7 h – 18 h | routes du réseau « Auvergne-Rhône-Alpes » énumérées en annexe |
| Été | 11, 18 et 25 juillet, 1er et 8 août 2026 | 7 h – 19 h | ensemble du réseau routier de France métropolitaine |
Le calendrier de la brochure Bison Futé affiche, pour les samedis d’hiver sur le réseau d’Auvergne-Rhône-Alpes, « 07-18 et 22-24 », c’est-à-dire la plage complémentaire suivie de la plage de 22 h à 24 h, et, pour les samedis d’été, « 07-19 » dans toutes les colonnes, Île-de-France comprise. L’arrêté de 2026 a retenu cinq samedis l’été, sur sept possibles, et cinq l’hiver, le maximum prévu.
Les routes d’Auvergne-Rhône-Alpes interdites l’hiver
Selon l’annexe de l’arrêté du 26 décembre 2025, tous les axes sont interdits dans les deux sens, sauf mention contraire.
| Axe | Routes et sections |
|---|---|
| Bourg-en-Bresse – Chamonix | A40 de Pont-d’Ain à Passy-le-Fayet ; RD 1084 de Pont-d’Ain à Bellegarde ; RD 1206 de Bellegarde à Annemasse ; RD 1205 d’Annemasse à Passy-le-Fayet ; RN 205 de Passy-le-Fayet à Chamonix |
| Lyon – Chambéry – Tarentaise – Maurienne | A43 de l’échangeur A46 sud/A43 à l’échangeur A43/A432, dans le sens Lyon vers Chambéry ; A43 de l’échangeur A43/A432 au tunnel de Fréjus ; A430 et RD 1090 de Pont-Royal à Gilly-sur-Isère ; RN 90 de Gilly-sur-Isère à Bourg-Saint-Maurice ; RD 1090 de Bourg-Saint-Maurice à Séez ; RD 306 (Rhône) et RD 1006 (Isère et Savoie) de Saint-Bonnet-de-Mure au Freney ; RN 201 dans la traversée de Chambéry |
| Lyon – Grenoble – Briançon | A48 de Coiranne à Saint-Egrève ; A480 de Saint-Egrève au Pont-de-Claix ; RN 85 du Pont-de-Claix à Vizille ; RD 1091 de Vizille à Briançon |
| Bellegarde et Saint-Julien-en-Genevois – Annecy – Albertville | A41 nord de Saint-Julien-en-Genevois à Cruseilles ; RD 1201 de Saint-Julien-en-Genevois à Annecy ; RD 1508 de Bellegarde à Annecy ; RD 3508 (contournement d’Annecy) ; RD 1508 d’Annecy à Ugine ; RD 1212 d’Ugine à Albertville |
| Annemasse – Sallanches – Albertville | RD 1205 d’Annemasse à Sallanches ; RD 1212 de Sallanches à Albertville |
| Chambéry – Annecy – Scientrier | A410 de Scientrier à Cruseilles ; A41 nord de Cruseilles à la jonction avec l’A43 à Chambéry ; RD 1201 entre Chambéry et Annecy ; RD 1203 entre Annecy et Bonneville |
| Grenoble – Chambéry | A41 sud entre Grenoble et l’A43 (échangeur de Francin) à Montmélian, dans le sens sud-nord ; RD 1090 entre Montmélian (73) et Pontcharra (38) |
Île-de-France : des horaires propres sur certaines autoroutes
L’article 3 de l’arrêté du 16 avril 2021, intitulé « Interdiction permanente applicable à certaines sections autoroutières d’Ile-de-France », complète les articles 1er et 2 par une réglementation particulière sur les sections suivantes :
- les autoroutes A6A et A6B, du boulevard périphérique de Paris à leur raccordement avec l’A6 et l’A10 (commune de Wissous) ;
- l’A106, de son raccordement avec l’A6B jusqu’à l’aéroport d’Orly ;
- l’A6, de son raccordement avec l’A6A et l’A6B jusqu’à la RN 104-Est (commune de Lisses) ;
- l’A10, de son raccordement avec l’A6A et l’A6B jusqu’à la RN 20 (commune de Champlan) ;
- l’A13, du boulevard périphérique de Paris jusqu’à l’échangeur de Poissy-Orgeval (commune d’Orgeval) ;
- l’A12, de son raccordement avec l’A13 (triangle de Rocquencourt) jusqu’à la RN 10 (commune de Montigny-le-Bretonneux).
Sur ces sections, les véhicules de plus de 7,5 t de PTAC affectés au transport de marchandises, hors véhicules spécialisés et agricoles, sont interdits aux heures suivantes, qui s’ajoutent aux interdictions générales et complémentaires.
| Jour | Sens Paris-province | Sens province-Paris |
|---|---|---|
| Vendredi | 16 h – 21 h | — |
| Veille de jour férié | 16 h – 22 h | — |
| Samedi | 10 h – 18 h | — |
| Dimanche ou jour férié | 22 h – 24 h | 22 h – 24 h |
| Lundi ou lendemain de jour férié | — | 6 h – 10 h |
Combinées avec la règle générale, ces plages donnent, selon la brochure Bison Futé (hors samedis d’été) : le samedi, de 10 h à 18 h puis de 22 h à 24 h vers la province, et de 22 h à 24 h vers Paris ; le dimanche et les jours fériés, de 0 h à 24 h dans les deux sens ; la veille d’un jour férié, de 16 h à 24 h vers la province et de 22 h à 24 h vers Paris ; le lundi et le lendemain d’un jour férié, de 6 h à 10 h vers Paris.
Les exemptions de l’article 4 ne s’appliquent pas à ces horaires propres à l’Île-de-France : l’article 3 le dit expressément. La page de Bison Futé ajoute que ces interdictions « ne souffrent aucune dérogation ». Le texte de l’arrêté, lui, cite l’article 3 parmi les interdictions auxquelles les dérogations préfectorales de l’article 5 et les levées de l’article 7 peuvent s’appliquer.
Les véhicules exemptés
L’article 4 dresse la liste des véhicules auxquels les interdictions des articles 1er et 2 ne s’appliquent pas. Le conducteur doit pouvoir justifier lors d’un contrôle que le transport est conforme ; les justificatifs sont à bord ou, s’ils sont dématérialisés, immédiatement accessibles (article 8-I).
- Les véhicules transportant exclusivement des animaux vivants ou des denrées ou produits périssables de l’annexe I, à condition que leur quantité occupe au moins la moitié de la surface ou du volume utile de chargement. Cette condition ne s’applique pas aux chevaux de compétition, aux livraisons multiples au-delà du premier point de livraison (dans la région de ce point et les régions limitrophes) ni aux opérations de collecte, c’est-à-dire de chargement en au moins deux points (dans la région de la première collecte et les régions limitrophes).
- Pendant les récoltes, la collecte et le transport des produits agricoles du lieu de récolte au lieu de stockage, de conditionnement, de traitement ou de transformation, dans la région du lieu de récolte et les régions limitrophes ; pendant la campagne betteravière, les pulpes de betteraves des usines vers les lieux de stockage ou d’utilisation, sans emprunter l’autoroute.
- Les véhicules destinés à des manifestations économiques, sportives, culturelles, éducatives, caritatives ou politiques, ou qui en transportent le matériel, si la manifestation a lieu au plus tard quatre jours avant ou après le déplacement ; les artifices de divertissement pour un tir autorisé le jour même ou le lendemain, et les produits retardants contre les incendies éventuels de ce tir ; les hydrocarbures gazeux liquéfiés (n° ONU 1965) et les produits pétroliers (n° ONU 1202, 1203 et 1223) nécessaires à des compétitions sportives autorisées, si la manifestation a lieu le jour même ou le lendemain.
- Les véhicules transportant exclusivement la presse, ainsi que la propagande des candidats et le matériel électoral pour les élections du code électoral.
- Les déménagements de bureaux ou d’usines.
- Les véhicules aménagés pour la vente ambulante, dans la région de départ et les régions limitrophes.
- Les véhicules de commerçants se rendant sur les foires et marchés, dans la région de départ et les régions limitrophes.
- Le fret aérien camionné sous couvert d’une lettre de transport aérien.
- Les déchets hospitaliers, le linge et les marchandises nécessaires aux établissements de santé et aux EHPAD, et les marchandises à caractère médical ou de protection sanitaire.
- Les appareils de radiographie gamma industrielle.
- Les véhicules indispensables aux dépannages non programmés des réseaux publics d’énergie, d’eau potable, d’assainissement, de chauffage et de communication.
- Les véhicules indispensables au maintien en sécurité des infrastructures de transport.
- Les véhicules-citernes qui approvisionnent en combustibles les stations-service des autoroutes et routes à accès réglementé, les aéroports (pour les aéronefs) et les ports maritimes et fluviaux (pour les navires et bateaux de pêche professionnels et à passagers).
- L’évacuation des déchets des navires dans les ports, des déchetteries et des abattoirs, à l’exclusion des déchetteries mobiles, des bennes et conteneurs spécifiques, des points d’apport volontaire et de la collecte des biodéchets.
L’annexe I énumère les produits périssables : œufs en coquille ; poissons, crustacés et coquillages vivants ; denrées dont la conservation exige une température constante ou réfrigérée et denrées congelées ou surgelées (notamment produits carnés, produits de la pêche, laits et produits laitiers, ovoproduits) ; denrées à maintenir en liaison chaude ; fruits et légumes frais, dont les pommes de terre, les oignons et les aulx ; fleurs et plantes coupées ou en pot ; miel ; cadavres d’animaux ; produits fermentescibles ou hygroscopiques d’origine amylacée ; médicaments et produits de santé qui doivent être réfrigérés ou maintenus à une température déterminée.
Pour tous ces véhicules, la circulation à vide est autorisée dans la région du premier chargement et les régions limitrophes, dans la région du dernier déchargement et les régions limitrophes, et sur tout le territoire pour les véhicules ayant transporté des pigeons voyageurs. Après une manifestation ou une vente (cas 3, 6 et 7), la circulation en charge est autorisée dans la région du lieu et les régions limitrophes. Le préfet de département peut rétablir l’interdiction sur tout ou partie de la période ou du réseau dont il a la charge « si les circonstances le nécessitent ».
Dans sa réponse publiée le 2 décembre 2025, le ministère des Transports qualifie ces dérogations de « très limitées » et indique, à propos des camions frigorifiques, qu’il n’est pas envisagé de modifier ce cadre.
Les dérogations préfectorales
L’article 5 prévoit deux sortes de dérogations temporaires, valables pour les interdictions des articles 1er, 2 et 3.
Les dérogations exceptionnelles
Elles permettent des transports « indispensables et urgents » face à une situation de crise ou à des événements d’une particulière gravité qui menacent des vies humaines, la sécurité ou la libre circulation des personnes et des biens, ou l’environnement : il s’agit de faire face à leurs conséquences, y compris économiques, ou de prévenir un risque d’accident grave ou de sinistre. Elles sont accordées par le préfet de département, ou par le préfet de zone de défense et de sécurité lorsque les effets dépassent le cadre d’un département. Il n’y a pas de décision individuelle : la dérogation prend la forme d’un acte réglementaire temporaire, qui précise l’objet du transport autorisé et une durée limitée à ce qui est « strictement nécessaire ». Service-Public cite comme exemples une crise sanitaire, une catastrophe naturelle ou un événement climatique exceptionnel (sécheresse, inondation, chutes de neige).
Les dérogations individuelles
Le préfet peut accorder une dérogation individuelle temporaire pour des transports indispensables à l’approvisionnement ou au fonctionnement de sites dont la rupture d’approvisionnement aurait des conséquences sanitaires ou économiques préjudiciables. L’article 5-II en énumère huit cas :
- un besoin indispensable ou urgent après un événement imprévu, comme une panne ou une avarie bloquante dans un établissement recevant du public de première à quatrième catégorie, un navire professionnel ou un site de production ;
- l’approvisionnement de centres de distribution menacés de pénurie à la suite d’un événement ou d’une situation imprévus ;
- les marchandises nécessaires au fonctionnement en service continu de certains services ou unités de production ;
- les marchandises qui contribuent à l’exécution de services publics pour des besoins collectifs immédiats, ou à des travaux ou opérations pour lesquels la sécurité et l’ordre public justifient de circuler pendant l’interdiction ;
- le linge propre et le linge sale des structures hôtelières d’au moins 200 chambres ;
- les aliments composés pour animaux dans les élevages ;
- les marchandises d’une unité de production manufacturière qui fonctionne certains samedis, dimanches ou jours fériés, hors marchandises dangereuses, si le stockage sur le site est impossible pour des raisons techniques ou de viabilité économique, dans un rayon de 50 kilomètres autour du site ;
- le pré- ou post-acheminement de marchandises transportées par voie fluviale ou ferroviaire, dans un rayon de 150 kilomètres autour du terminal intermodal.
La demande. Elle est présentée par le transporteur, son mandataire ou l’entreprise qui commande le transport, au préfet du département du lieu de départ, au moins 72 heures avant le premier trajet, sauf urgence justifiée. Le lieu de départ est celui où le véhicule commence son déplacement ou entre sur le territoire national pendant la période d’interdiction ; la brochure Bison Futé parle ainsi du « département d’entrée en France » pour les transports venant de l’étranger. Le préfet de départ recueille l’avis du préfet du département d’arrivée et ne peut pas accorder la dérogation si cet avis est défavorable. Selon Service-Public, dans le cas général, la demande se fait par courrier et indique notamment la date ou la période (un an calendaire au plus), les adresses de départ, de chargement et de destination, les horaires, la liste des départements de destination, les coordonnées du transporteur, les raisons qui empêchent de transporter avant ou après la période d’interdiction, et une copie des cartes grises ; au départ des départements 92, 93 et 94, la fiche renvoie à un service en ligne et à la DRIEAT d’Île-de-France.
La décision. Le préfet peut refuser en cas de nuisances excessives ou de risque pour la sécurité ou l’ordre public, et les motifs du refus sont communiqués au demandeur. Il peut limiter la durée, le nombre et les caractéristiques des véhicules, les tranches horaires ou les portions de réseau. La dérogation vaut un an au plus ; elle peut être modifiée ou abrogée, avec un préavis d’un mois qui peut être supprimé en cas d’urgence, si les éléments qui ont conduit à l’accorder cessent d’être réunis. Pendant sa validité, la circulation à vide est libre. Durant les périodes d’interdiction des articles 1er et 2, le service de permanence de chaque préfecture peut établir ces dérogations (article 9).
À bord. La dérogation et les justificatifs du transport sont à bord ou immédiatement accessibles s’ils sont dématérialisés. Pour être valable, la dérogation doit être complétée par son titulaire avant le départ, avec la date du déplacement et le numéro d’immatriculation. La préfecture peut la retirer sans délai si les conditions n’ont pas été respectées ou si des informations erronées ont été fournies (article 8-II).
Pour le service continu (cas 3), les dérogations qui portent sur des marchandises dangereuses sont instruites et délivrées selon l’annexe III : les cas de marchandises dangereuses qui n’y sont pas référencés au point I-1 exigent l’avis préalable du ministre chargé de la politique de l’environnement. L’annexe III précise aussi que les dérogations pour service continu ne peuvent pas être délivrées pour des approvisionnements en flux tendu qui résultent de choix économiques, logistiques ou organisationnels des exploitants.
Les levées d’interdiction
L’arrêté prévoit aussi des levées, qui autorisent la circulation pendant une période d’interdiction :
- départements frontaliers (article 6) : les préfets peuvent lever les interdictions des articles 1er et 2 dans leur département pour atténuer les conséquences de l’absence d’harmonisation des interdictions avec les États voisins ;
- circonstances exceptionnelles (article 7) : dans les situations de l’article 5-I, le préfet peut autoriser par arrêté la circulation pendant tout ou partie d’une période d’interdiction des articles 1er, 2 ou 3, sur tout ou partie du réseau du département ; si les effets dépassent le département, l’autorisation relève du préfet de zone de défense et de sécurité, et en Île-de-France du préfet de zone de défense et de sécurité de Paris.
La brochure Bison Futé 2026 attache à ces levées pour circonstances exceptionnelles une condition qui ne figure pas dans le texte de l’arrêté tel que publié en 2021 : que les véhicules aient été « immobilisés au cours des 72 heures précédant le début de la période d’interdiction ».
Des levées sont aussi décidées au niveau national. Par un arrêté du 6 août 2026, publié au Journal officiel du lendemain, les ministres de l’Intérieur et des Transports ont levé jusqu’au lundi 31 août 2026 inclus les interdictions des arrêtés du 16 avril 2021 et du 26 décembre 2025 pour les véhicules transportant matériels, équipements, engins, carburants ou produits nécessaires à la lutte contre les incendies en cours, retour à vide compris, avec les justificatifs à bord. Le ministère de la Transition écologique cite un autre exemple : l’arrêté du 25 juillet 2025 qui a levé l’interdiction pour le transport de dioxyde de carbone (CO2) les samedis 26 juillet et 2 août 2025. En cas de perturbations météorologiques particulièrement importantes, Bison Futé propose aux transporteurs de recevoir gratuitement, en temps réel et par messagerie, les interdictions et levées d’interdiction sur le réseau routier national.
Les sanctions
Dans sa réponse à la question écrite n° 5656, publiée au Journal officiel du 2 décembre 2025, le ministère des Transports indique que « tout manquement constaté est puni d’une amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe et peut faire l’objet en complément d’une immobilisation du véhicule ». Des contrôles sont régulièrement effectués, y compris de manière coordonnée entre contrôleurs des transports terrestres et forces de sécurité intérieure ou douane ; en 2023, plus de 2 300 camions ont été verbalisés.
Les textes officiels consultés ne donnent pas le montant de l’amende pour la circulation pendant une interdiction de week-end ou de jour férié ; le Code de la route n’a pas pu être consulté sur Légifrance. La brochure Bison Futé 2026 chiffre l’amende d’une contravention de la quatrième classe à 135 € (forfaitaire) et 90 € (minorée), mais à propos d’une autre infraction, l’absence de gilet de sécurité ou de triangle de présignalisation.
La fiche de Service-Public (vérifiée le 8 avril 2024) donne des montants pour un cas différent : le non-respect de l’interdiction permanente d’accès de certaines routes à certaines catégories de véhicules, puni d’une amende de 750 € pour une personne physique ou de 3 750 € pour une personne morale, et de 1 500 € lorsque la route ne permet pas d’éviter une descente dangereuse ou un tunnel ; le conducteur encourt en outre une suspension du permis de conduire de 3 ans au plus et un retrait de 3 points.
Les conducteurs des véhicules exemptés ou bénéficiant d’une dérogation doivent pouvoir présenter leurs justificatifs lors d’un contrôle (article 8) ; une dérogation individuelle peut être retirée sans délai si ses conditions n’ont pas été respectées.
Les autres interdictions à connaître
- Interdictions locales permanentes. Des arrêtés préfectoraux interdisent en permanence certaines routes et certains tunnels aux poids lourds. La brochure en cite parmi d’autres : le transit des poids lourds de plus de 7,5 t sur l’A7/A6 entre l’échangeur de Ternay (A47) et celui de Limonest (Rhône), à l’exception de la section de l’A7 entre l’échangeur A450 et l’échangeur Boulevard Urbain Sud ; la traversée du tunnel du Mont-Blanc (N205), avec des restrictions liées au poids (plus de 3,5 t), à la hauteur (plus de 4,70 m), aux transports de marchandises dangereuses et aux normes Euro 0, 1 et 2 ; la traversée du tunnel du Fréjus (N543), avec des restrictions liées au poids (plus de 3,5 t), à la hauteur (plus de 4,30 m) et aux normes Euro 0, 1 et 2, les marchandises dangereuses y étant autorisées en convoi.
- Bois ronds. Selon Bison Futé, leur transport est interdit sur l’ensemble du réseau du samedi ou de la veille de fête à 12 h jusqu’au lundi ou au lendemain de fête à 6 h, sauf dérogation du préfet en cas de nécessité absolue.
- Transports exceptionnels. Les convois autorisés ne circulent pas non plus du samedi ou de la veille de fête à 12 h au lundi ou au lendemain de fête à 6 h, sauf dérogation des préfets des départements traversés.
- Transport en commun d’enfants. Pour les véhicules de transport en commun de personnes, l’arrêté du 23 février 2026 a interdit le transport en commun d’enfants sur l’ensemble du réseau le samedi 1er août 2026, de 0 h à 24 h, sauf à l’intérieur du département de prise en charge et dans les départements limitrophes, avec un justificatif à bord.
Et 2027 ?
L’interdiction générale de l’article 1er et les horaires de l’Île-de-France (article 3) ne sont pas limités à une année et ne dépendent pas d’un arrêté annuel. Les samedis complémentaires, eux, exigent chaque année un nouvel arrêté ministériel. Au 19 octobre 2026, la page « Régime général » de Bison Futé présentait toujours les « Dates d’interdiction pour l’hiver et l’été 2026 » et ne mentionnait aucun arrêté fixant les samedis de 2027. Pour mémoire, l’arrêté de 2026 a été signé le 26 décembre 2025 et publié le 8 janvier 2026, un mois avant le premier samedi d’hiver.
Pour comparer ces règles avec celles des pays voisins, voir le panorama des interdictions de circulation des poids lourds en Europe ; pour les coûts de trajet, la page sur les péages poids lourds en Europe et l’Eurovignette.
Réponses rapides
- À quelle heure un poids lourd peut-il reprendre la route le dimanche ?
- À 22 heures. Les véhicules de plus de 7,5 t de PTAC affectés au transport de marchandises ne peuvent pas circuler du samedi 22 heures au dimanche 22 heures, ni de 22 heures la veille d'un jour férié à 22 heures le jour férié (arrêté du 16 avril 2021, article 1er). Si le dimanche est aussi la veille d'un jour férié, l'interdiction dure toute la journée.
- Quels samedis les poids lourds étaient-ils interdits de circuler en été 2026 ?
- Les samedis 11, 18 et 25 juillet et 1er et 8 août 2026, de 7 heures à 19 heures, sur l'ensemble du réseau routier de France métropolitaine, selon l'arrêté du 26 décembre 2025. En hiver, l'interdiction portait sur les samedis 7, 14, 21 et 28 février et 7 mars 2026, de 7 heures à 18 heures, puis de 22 heures à 24 heures, sur des routes énumérées d'Auvergne-Rhône-Alpes.
- Les camions frigorifiques peuvent-ils rouler le week-end ?
- Oui, s'ils transportent exclusivement des denrées ou produits périssables de l'annexe I de l'arrêté du 16 avril 2021 (ou des animaux vivants) occupant au moins la moitié de la surface ou du volume utile de chargement. Cette exemption ne vaut pas pour les horaires propres aux sections d'autoroute d'Île-de-France (article 3).
- Quelle est l'amende pour un poids lourd qui roule pendant une interdiction ?
- Selon le ministère des Transports, tout manquement est puni de l'amende des contraventions de la quatrième classe et peut entraîner l'immobilisation du véhicule ; en 2023, plus de 2 300 camions ont été verbalisés. Les textes officiels consultés ne donnent pas le montant de l'amende pour cette infraction.
- Comment demander une dérogation préfectorale pour rouler le week-end ?
- Au moins 72 heures avant le premier trajet, sauf urgence justifiée, auprès du préfet du département de départ, qui recueille l'avis du préfet du département d'arrivée. La demande est faite par le transporteur, son mandataire ou l'entreprise qui commande le transport ; la dérogation vaut au plus un an et seulement dans les cas prévus par l'article 5 de l'arrêté du 16 avril 2021.
Sources
- Arrêté du 16 avril 2021 relatif à l'interdiction de circulation des véhicules de transport de marchandises à certaines périodes (NOR : TRAT2031119A), JO du 24 avril 2021 — Journal officiel de la République française, via Bison Futé
- Arrêté du 26 décembre 2025 relatif aux interdictions complémentaires de circulation des véhicules de transport de marchandises pour l'année 2026 (NOR : TRAT2529272A), JO du 8 janvier 2026 — Journal officiel de la République française, via Bison Futé
- Arrêté du 6 août 2026 portant levée d'interdiction de circulation des véhicules réalisant des transports de marchandises nécessaires à la lutte contre les incendies (NOR : TRAT2621637A), JO du 7 août 2026 — Journal officiel de la République française, via Bison Futé
- Arrêté du 23 février 2026 relatif à la journée d'interdiction de transports en commun d'enfants par des véhicules affectés au transport en commun de personnes pour l'année 2026 (NOR : TRAT2604569A), JO du 27 février 2026 — Journal officiel de la République française, via Bison Futé
- Transporteurs – Interdictions de circulation – Régime général — Bison Futé (ministère chargé des transports)
- Véhicules lourds – Calendrier des interdictions complémentaires de circuler 2026 — Bison Futé (DGITM)
- Règles et interdictions de circulation dans le transport routier (mise à jour du 28 juillet 2025) — Ministère de la Transition écologique
- Restrictions et interdictions de circulation des poids-lourds (vérifié le 8 avril 2024) — Entreprendre.Service-Public.gouv.fr (DILA)
- Question écrite n° 5656 « Transports frigorifiques le week-end », réponse publiée au JO du 2 décembre 2025 — Assemblée nationale