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EES et ETIAS : ce qui change pour les conducteurs de poids lourds, les conducteurs d'autocar et les autocaristes

L'EES enregistre depuis le 12 octobre 2025 les conducteurs hors UE aux frontières extérieures de Schengen ; ETIAS n'a pas encore de date. Ce que chacun impose aux conducteurs et aux autocaristes.

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Tracteur routier blanc et sa semi-remorque passant devant le panneau frontalier de l'UE Republika Hrvatska au poste routier de Bajakovo, en Croatie, avec l'auvent de la douane à l'arrière-plan
Vasyatka1 (cropped) — CC BY-SA 4.0

Le système d’entrée/de sortie (EES) enregistre par voie électronique les ressortissants hors UE qui viennent pour un court séjour, à chaque franchissement des frontières extérieures de 29 pays européens, et il traite un conducteur de poids lourd ou d’autocar comme n’importe quel autre voyageur. Il a été mis en service le 12 octobre 2025, date fixée par la décision d’exécution (UE) 2025/1544 de la Commission, a été déployé progressivement jusqu’au 9 avril 2026 et il est pleinement opérationnel à tous les points de passage des frontières extérieures depuis le 10 avril 2026, date à laquelle il a remplacé l’apposition de cachets sur les passeports. ETIAS, le système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages, est une autorisation de voyage distincte, à demander en ligne, dont les ressortissants hors UE exemptés de visa auront besoin pour les courts séjours dans 30 pays européens. Son règlement, le règlement (UE) 2018/1240, est en vigueur depuis le 9 octobre 2018, mais le 6 octobre 2026, le site officiel d’ETIAS indiquait que le système n’était pas en service et ne donnait aucune date de démarrage.

Situation au 6 octobre 2026. Consultés ce jour-là : les pages consacrées à l’EES et à ETIAS du site officiel Travel to Europe et de la Commission européenne, les règlements (UE) 2017/2226 et 2018/1240 dans leur version consolidée du 12 juin 2026, le règlement (UE) 2025/1534, le code frontières Schengen dans sa version consolidée du 12 octobre 2025, les questions-réponses de Frontex pour les transporteurs de mars 2026 et les indications de GOV.UK sur l’EES du 10 avril 2026. Cette page ne donne aucun conseil en matière de visa, de séjour ou de permis de travail ; une fois ETIAS en service, les demandes se déposent sur le site officiel, travel-europe.europa.eu/etias, ou dans l’application mobile officielle ETIAS.

L’EES et ETIAS côte à côte

Les deux systèmes sont souvent cités ensemble, mais ils ne remplissent pas la même fonction. L’EES enregistre les franchissements à la frontière ; ETIAS est une autorisation de voyager que les voyageurs exemptés de visa demanderont avant le départ. Le transit douanier sous carnet TIR concerne les marchandises ; l’EES et ETIAS concernent les personnes à bord.

L’EES et ETIAS comparés, tels que les décrivent les règlements (UE) 2017/2226 et 2018/1240 et le site officiel Travel to Europe au 6 octobre 2026. Coût de l’EES selon GOV.UK ; durées de conservation d’après l’article 34 du règlement (UE) 2017/2226.
EESETIAS
Ce que c’estRegistre électronique des entrées, des sorties et des refus d’entrée ; remplace les cachets sur les passeportsAutorisation de voyage demandée en ligne avant le voyage ; ce n’est pas un visa
QuiRessortissants hors UE en court séjour, soumis ou non à l’obligation de visaRessortissants hors UE exemptés de l’obligation de visa
Pays29 : les pays de l’UE sauf Chypre et l’Irlande, plus l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse30 : les mêmes 29 plus Chypre
DonnéesDonnées du document de voyage, date et lieu de chaque entrée et de chaque sortie, image faciale, quatre empreintes digitales (titulaires d’un visa : image faciale uniquement)Données personnelles et données du document de voyage, études et profession, questions sur les condamnations, les zones de conflit et les décisions de retour ; aucune donnée biométrique
CoûtAucun pour le voyageur20 € par demande ; gratuit pour les moins de 18 ans et les plus de 70 ans
DuréeChaque fiche conservée trois ans ; dossier individuel conservé trois ans et un jour après la dernière sortie ; cinq ans après la fin du séjour autorisé si aucune sortie n’est enregistréeTrois ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport utilisé si elle intervient avant
StatutPleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026Adopté, pas en service, sans date de démarrage

Qui l’EES concerne, et où

L’article 2, paragraphe 1, du règlement (UE) 2017/2226 applique l’EES aux ressortissants de pays tiers admis pour un court séjour qui sont soumis à des vérifications aux frontières conformément au code frontières Schengen lorsqu’ils franchissent une frontière à laquelle le système est mis en œuvre. Un court séjour s’entend d’un séjour de 90 jours au maximum sur toute période de 180 jours (article 3, paragraphe 1, point 8)). Pour l’EES, selon le site officiel, est ressortissant hors UE toute personne qui n’a pas la nationalité d’un pays de l’UE, de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse, qu’elle soit soumise ou non à l’obligation de visa. Un conducteur turc, dont le pays figure à l’annexe I du règlement (UE) 2018/1806 (visa obligatoire), est enregistré de la même manière qu’un conducteur britannique, serbe ou de Macédoine du Nord, dont les pays figurent à l’annexe II (exemption de visa) ; seules les données biométriques relevées diffèrent.

L’EES est mis en œuvre aux frontières extérieures des pays suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse et Tchéquie. Le site officiel précise qu’à Chypre et en Irlande, bien qu’il s’agisse de pays de l’UE, les passeports sont toujours tamponnés manuellement.

L’article 2, paragraphe 3, énumère les personnes qui restent hors du système. On y trouve les titulaires de titres de séjour et de visas de long séjour ; les membres de la famille de citoyens de l’Union titulaires d’une carte de séjour ; les ressortissants de l’Andorre, de Monaco et de Saint-Marin et les titulaires d’un passeport du Vatican ; et les personnes exemptées de vérifications aux frontières ou bénéficiant de règles spécifiques en vertu de l’article 6 bis, paragraphe 3, du code frontières Schengen. Cet article cite notamment les équipages d’aéronefs, les marins, les travailleurs frontaliers relevant du point 5 de l’annexe VII et « les membres des équipages des trains de passagers et de marchandises assurant des liaisons internationales » (article 6 bis, paragraphe 3, point j)). Il ne prévoit aucune catégorie équivalente pour les conducteurs de poids lourds ou d’autocars.

Ce qui se passe à la frontière

Lors d’un premier franchissement depuis la mise en service de l’EES, selon le site officiel, les agents du contrôle des passeports prennent une photo du visage et/ou relèvent les empreintes digitales, enregistrent les données dans un dossier numérique et n’apposent plus de cachet sur le passeport. Pour les voyageurs exemptés de visa, l’article 17, paragraphe 1, du règlement (UE) 2017/2226 exige une image faciale et des données dactyloscopiques, que l’article 3, paragraphe 1, point 16), définit comme les quatre empreintes digitales de l’index, du majeur, de l’annulaire et de l’auriculaire de la main droite, ou de la main gauche lorsque la main droite fait défaut. Pour les voyageurs soumis à l’obligation de visa, l’article 16, paragraphe 1, exige l’image faciale ; le site officiel explique que leurs empreintes digitales sont déjà conservées dans le système d’information sur les visas depuis leur demande de visa. Les enfants de moins de 12 ans ne donnent pas d’empreintes digitales (article 17, paragraphe 3). La fourniture des données biométriques est une condition d’entrée au titre de l’article 6, paragraphe 1, point f), du code frontières Schengen, et le site officiel indique que l’entrée sera refusée au voyageur qui refuse de les fournir.

Lors des franchissements suivants, les agents se contentent de vérifier le visage et les empreintes enregistrés. Les systèmes en libre-service, là où un point de passage en dispose, exigent un passeport biométrique ; la FAQ officielle indique que les passeports non biométriques en cours de validité restent acceptés à la frontière. L’application mobile Travel to Europe permet aux voyageurs soumis à l’EES de s’enregistrer au préalable dans les 72 heures précédant un franchissement ; la page officielle cite la Suède (données du passeport, image faciale et questionnaire d’entrée) et le Portugal (questionnaire d’entrée uniquement).

Pour le trafic routier, le point 1.1.3 de l’annexe VI du code frontières Schengen maintient le principe selon lequel « les personnes qui circulent à bord de véhicules peuvent, en règle générale, rester à bord durant les vérifications », mais permet de leur demander de sortir du véhicule « si les circonstances l’exigent ». Les pages du site officiel consacrées à l’EES décrivent l’enregistrement auprès d’un agent, à un système en libre-service ou au moyen de l’application ; elles ne décrivent aucune procédure distincte pour les passagers qui voyagent en groupe en autocar.

Pour les voyageurs qui entrent dans l’espace Schengen par le port de Douvres, Eurotunnel Le Shuttle à Folkestone ou Eurostar à St Pancras International, GOV.UK indique que les vérifications EES sont effectuées à la frontière avant le départ du Royaume-Uni. Le port de Douvres a aménagé une zone de traitement des vérifications EES dans ses Western Docks, et Eurotunnel Le Shuttle dispose à Folkestone d’une zone de pré-enregistrement équipée de bornes en libre-service.

Comment se calcule la règle des 90/180 jours

L’EES ne modifie pas la durée d’un court séjour. L’article 6, paragraphe 1, du code frontières Schengen autorise des séjours de 90 jours au maximum sur toute période de 180 jours, « ce qui implique d’examiner la période de 180 jours précédant chaque jour de séjour ». En vertu de l’article 6, paragraphe 2, le jour d’entrée est le premier jour de séjour et le jour de sortie le dernier, et les périodes couvertes par un titre de séjour ou un visa de long séjour ne sont pas prises en compte. L’article 6, paragraphe 1 bis, fait des 90 jours une seule et même période pour tous les pays qui mettent en œuvre l’EES ; pour Chypre, qui ne le met pas en œuvre, la FAQ d’ETIAS indique que les séjours sont calculés séparément. L’article 6 compte les jours de séjour sur le territoire ; selon notre lecture, il ne fait aucune distinction entre jours de travail et jours de repos, de sorte qu’un repos hebdomadaire pris à l’intérieur de l’espace en application des règles sur les temps de conduite et de repos compte comme n’importe quel autre jour.

La FAQ officielle de l’EES répond directement à la question pour les conducteurs : « The implementation of the EES changes nothing to the rules on short stays » [la mise en œuvre de l’EES ne change rien aux règles relatives aux courts séjours]. Ce qui change, c’est l’enregistrement. La calculatrice automatique (article 11 du règlement (UE) 2017/2226) indique aux gardes-frontières la durée maximale du séjour autorisé à l’entrée et tout dépassement à la sortie, et le service internet destiné aux voyageurs (article 13, paragraphe 1), publié sous la forme de l’outil Check how long you can stay, renvoie une réponse « OK » ou « NOT OK » avec le nombre de jours restants. Ses notes précisent que le résultat ne tient pas compte des séjours dans l’espace Schengen commencés avant le 10 avril 2026 et qu’une réponse « OK » ne constitue pas une décision sur l’entrée.

Les cachets ont compté pendant une transition. Pendant la mise en service progressive, du 12 octobre 2025 au 9 avril 2026, les autorités frontalières apposaient systématiquement des cachets sur les passeports et ne tenaient pas compte des résultats de la calculatrice (article 5, paragraphes 2 et 6, du règlement (UE) 2025/1534). À partir du 10 avril 2026, l’apposition de cachets a pris fin, et la calculatrice ainsi que la liste des personnes ayant dépassé la durée du séjour autorisé ont commencé à fonctionner, indique la FAQ officielle. Pendant les 180 jours suivants, l’article 22, paragraphe 1, du règlement (UE) 2017/2226, appliqué à partir du lendemain de la fin de la mise en service progressive par l’article 5, paragraphe 13, du règlement (UE) 2025/1534, imposait aux autorités frontalières de vérifier les cachets apposés sur le document de voyage en plus des données de l’EES. Comptés à partir du 10 avril 2026, ces 180 jours ont couru jusqu’au 6 octobre 2026 inclus ; depuis le 7 octobre 2026, cette vérification supplémentaire des cachets ne s’applique plus.

Un voyageur qui reste plus longtemps qu’autorisé est identifié comme ayant dépassé la durée du séjour autorisé et inscrit sur une liste que peuvent consulter les services chargés des frontières, de l’immigration et des visas ; le site officiel cite l’éloignement, les amendes administratives, la rétention et l’interdiction d’entrer de nouveau à l’avenir parmi les conséquences que le droit national peut y attacher. La FAQ officielle ajoute qu’une personne qui a déjà passé 90 des 180 derniers jours dans l’espace se voit refuser l’entrée à la frontière.

Une exception plus ancienne subsiste. L’article 20, paragraphe 2, de la convention d’application de l’accord de Schengen, tel que remplacé par l’article 60 du règlement (UE) 2017/2226, permet à un pays de prolonger un séjour au-delà de 90 jours en vertu d’un accord bilatéral conclu avant l’entrée en vigueur de la convention et notifié à la Commission. La prolongation est enregistrée dans l’EES et n’autorise le séjour que dans ce pays et la sortie qu’à ses frontières extérieures.

Existe-t-il une règle pour les conducteurs professionnels ?

Les règlements (UE) 2017/2226, 2018/1240 et 2025/1534 ne contiennent aucune disposition sur les conducteurs de poids lourds ou d’autocars. Dans sa réponse sur les conducteurs professionnels, la FAQ officielle de l’EES cite deux situations dans lesquelles un conducteur n’est pas enregistré :

  • le conducteur est titulaire d’un visa national de long séjour (visa D) ou d’un titre de séjour d’un État membre, qui, selon la FAQ, permet un séjour de longue durée dans cet État et la libre circulation dans l’espace Schengen pendant 90 jours sur toute période de 180 jours ;
  • les gardes-frontières reconnaissent le conducteur comme travailleur frontalier au titre du point 5 de l’annexe VII du code frontières Schengen ; il ne ferait alors l’objet que de vérifications par sondage, sans enregistrement dans l’EES, et la FAQ précise que le maximum de 90/180 jours s’applique toujours.

Le point 5.2 de l’annexe VII vise les travailleurs frontaliers « bien connus des gardes-frontières parce qu’ils franchissent fréquemment la frontière par le même point de passage frontalier », et le point 5.3 permet d’en étendre les dispositions « à d’autres catégories de personnes qui font régulièrement une navette transfrontalière ». La FAQ présente son application aux conducteurs comme une possibilité : les gardes-frontières des États membres « could give facilitations » [pourraient accorder des allègements] aux conducteurs professionnels qu’ils reconnaissent comme travailleurs frontaliers. Les programmes nationaux d’allègement des formalités facultatifs destinés aux voyageurs fréquents, prévus à l’article 8 quinquies du code, allègent les vérifications approfondies à l’entrée (la FAQ officielle cite le point de départ et de destination, l’objet du séjour et les moyens de subsistance parmi les éléments que les agents peuvent ne pas avoir à vérifier), mais leurs participants ne figurent pas parmi les catégories que l’article 2, paragraphe 3, du règlement EES laisse hors du système.

La stratégie de la Commission en matière de politique des visas du 29 janvier 2026 cite les « truck drivers servicing EU businesses » [conducteurs de poids lourds au service d’entreprises de l’UE] parmi les professionnels qui peuvent avoir besoin de plus de 90 jours sur 180 sans long séjour ni titre de séjour, et inscrit parmi ses prochaines étapes : « Explore new rules for extended short stays for selected categories of third-country professionals » [étudier de nouvelles règles relatives aux courts séjours prolongés pour certaines catégories de professionnels de pays tiers]. Le même passage indique que la Commission examinera l’incidence des accords bilatéraux qui permettent des séjours prolongés « with a view to gradually phasing them out » [en vue de les supprimer progressivement]. La stratégie est une communication, et non une proposition législative ; elle ne modifie aucune règle.

Deux autres règles se situent en dehors de l’EES et d’ETIAS. L’article 6, paragraphe 3, du règlement (UE) 2018/1806 permet à un État membre d’exiger un visa de ressortissants par ailleurs exemptés de visa « exerçant une activité rémunérée pendant leur séjour » ; la Commission publie les choix nationaux dans un tableau fondé sur les informations communiquées jusqu’au 13 août 2026. Et en vertu des articles 3 et 5 du règlement (CE) n° 1072/2009, le transport international de marchandises avec un conducteur ressortissant d’un pays tiers qui n’est pas résident de longue durée exige une attestation de conducteur délivrée au transporteur en plus de la licence communautaire ; ce document relève du droit des transports, aux côtés des règles exposées dans notre article sur le cabotage et le détachement des conducteurs, et ne figure pas parmi les cas d’absence d’enregistrement que cite la FAQ de l’EES. Les raisons pour lesquelles les conducteurs hors UE comptent pour les transporteurs routiers européens sont exposées dans notre page sur l’offre de conducteurs de poids lourds en Europe.

Ce que les autocaristes doivent vérifier

En vertu de l’article 26 de la convention d’application de l’accord de Schengen, les États Schengen s’engagent à obliger les transporteurs à reprendre en charge les passagers dont l’entrée est refusée et à s’assurer que les passagers sont en possession des documents de voyage requis, ainsi qu’à sanctionner les transporteurs qui acheminent des passagers qui en sont dépourvus ; le paragraphe 3 étend la vérification des documents et les sanctions « aux transporteurs de groupes assurant des liaisons routières internationales par autocar, à l’exception du trafic frontalier ». Le considérant 18 du règlement (UE) 2025/1534 confirme que la mise en service progressive n’affecte pas les obligations des transporteurs par autocar découlant de l’article 26, paragraphe 1.

Dans le cadre de l’EES, l’article 13, paragraphe 3, du règlement (UE) 2017/2226 impose aux transporteurs d’utiliser un service internet pour vérifier si des passagers titulaires d’un visa de court séjour délivré pour une ou deux entrées ont déjà utilisé le nombre d’entrées autorisées. Le transporteur saisit les données du passeport et reçoit une réponse « OK » ou « NOT OK », dont le règlement précise qu’elle ne constitue pas une décision d’autorisation ou de refus d’entrée. Selon les questions-réponses de Frontex pour les transporteurs de mars 2026, les transporteurs par autocar qui amènent des groupes depuis un pays tiers s’inscrivent à ce portail des transporteurs et l’interrogent, entre 48 heures avant le départ prévu et le départ, pour les passagers qui relèvent de son champ d’application ; ils devraient aussi l’interroger pour le conducteur de l’autocar et les autres membres d’équipage qui relèvent de ce champ. Lorsque les vérifications aux frontières ont lieu avant l’embarquement, comme à Douvres, où des agents français contrôlent les voyageurs avant qu’ils n’embarquent, les transporteurs sont dispensés de l’interrogation. Pendant 180 jours après la fin de la mise en service progressive, c’est-à-dire jusqu’au 6 octobre 2026, les transporteurs devaient aussi continuer à vérifier les cachets sur les passeports en plus d’utiliser le service internet (article 6, paragraphe 2, du règlement (UE) 2025/1534) ; en vertu de l’article 8, paragraphe 2, point b), de ce règlement, cette règle a cessé de s’appliquer le 7 octobre 2026.

Dans le cadre d’ETIAS, une fois celui-ci en service, l’article 45, paragraphe 1, du règlement (UE) 2018/1240 impose aux transporteurs aériens, aux transporteurs maritimes et aux « transporteurs internationaux de groupes assurant des liaisons routières par autocar » de vérifier que les passagers soumis à l’obligation d’autorisation de voyage en détiennent une en cours de validité. L’article 45, paragraphe 9, rend la vérification facultative pour les transporteurs par autocar, et écarte les sanctions, « pendant les trois premières années suivant la mise en service d’ETIAS ». L’obligation de reprendre en charge un passager dont l’entrée est refusée continue de s’appliquer (article 45, paragraphe 8). Le site officiel d’ETIAS illustre cet effet avec une passagère monténégrine voyageant en bus de Podgorica à Split : la compagnie de bus peut ne pas vérifier son ETIAS avant l’embarquement, mais les gardes-frontières croates le feront à la frontière.

Pour les conducteurs de poids lourds qui voyagent en ferry, le même document de Frontex indique que « Drivers of commercial vehicles shall be treated as regular travellers » [les conducteurs de véhicules commerciaux sont traités comme des voyageurs ordinaires] : le transporteur maritime interroge le portail des transporteurs pour ceux de ces conducteurs qui relèvent de son champ d’application, c’est-à-dire les titulaires d’un visa de court séjour pour une ou deux entrées et, une fois ETIAS en service, les titulaires d’une autorisation de voyage ETIAS.

ETIAS : ce qu’il exigera

L’article 2, paragraphe 1, du règlement (UE) 2018/1240 applique ETIAS aux ressortissants des pays énumérés à l’annexe II du règlement (UE) 2018/1806, que le site officiel chiffre à 59 pays et territoires. On y trouve le Royaume-Uni, la Serbie, la Macédoine du Nord, le Monténégro, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Moldavie et l’Ukraine ; pour plusieurs d’entre eux, l’exemption de visa est limitée aux passeports biométriques. L’autorisation sera nécessaire pour les courts séjours dans les 29 pays de l’EES et à Chypre. L’Irlande n’applique aucun des deux systèmes.

  • Droits. L’article 18, paragraphe 1, tel que modifié par le règlement délégué (UE) 2025/1411, en vigueur depuis le 18 novembre 2025, fixe des droits de 20 € par demande ; l’article 18, paragraphe 2, en exempte les demandeurs de moins de 18 ans ou de plus de 70 ans. La FAQ d’ETIAS ajoute que les membres de la famille de ressortissants de l’UE qui remplissent les conditions de ce statut ne paient pas de droits.
  • Validité. Trois ans, ou jusqu’à l’expiration du document de voyage enregistré lors de la demande, selon l’hypothèse qui se réalise en premier ; un nouveau passeport exige une nouvelle autorisation. Elle « ne confère pas un droit d’entrée ou de séjour automatique » (article 36, paragraphes 5 et 6).
  • Demande. En ligne, sur le site officiel ou dans l’application. Le site officiel indique que la plupart des demandes sont traitées en quelques minutes, qu’une décision peut prendre jusqu’à quatre jours et que ce délai peut être prolongé de 14 jours au maximum si des informations complémentaires sont demandées, ou de 30 jours au maximum si le demandeur est invité à un entretien. Les demandes groupées ne sont pas possibles ; une autre personne ou un intermédiaire commercial peut déposer la demande pour le compte d’un voyageur si tous deux signent une déclaration de représentation.
  • Exemptions. En vertu de l’article 2, paragraphe 2, notamment : les titulaires de titres de séjour, de visas uniformes et de visas nationaux de long séjour, ainsi que les ressortissants de l’Andorre, de Monaco et de Saint-Marin. La liste officielle des membres d’équipage susceptibles d’être exemptés selon le pays couvre les équipages aériens et maritimes, les missions de sauvetage et les équipages de la navigation internationale sur les voies d’eau intérieures ; elle ne mentionne pas les conducteurs routiers.

Les conducteurs soumis à l’obligation de visa Schengen, comme les ressortissants turcs, sont hors du champ d’ETIAS : le site officiel indique que les ressortissants soumis à l’obligation de visa n’ont pas besoin d’autorisation de voyage ETIAS.

Quand ETIAS entrera en service

L’article 88 du règlement (UE) 2018/1240 confie la date de démarrage à une décision de la Commission, prise une fois remplies les conditions techniques et juridiques énumérées et publiée au Journal officiel. Le 6 octobre 2026, le site officiel d’ETIAS indiquait : « ETIAS is currently not in operation and no applications for travel authorisations are collected at this point » [ETIAS n’est pas en service actuellement et aucune demande d’autorisation de voyage n’est recueillie à ce stade], et précisait que l’UE annoncerait la date plusieurs mois avant le lancement.

D’autres pages officielles encore en ligne ce jour-là avancent un calendrier. Une actualité d’avril 2025 du même site et la page du ministère français des Affaires étrangères mise à jour en avril 2026 indiquent le dernier trimestre 2026 ; la stratégie de la Commission en matière de visas de janvier 2026 inscrit le lancement d’ETIAS « in 2026 » [en 2026] parmi les prochaines étapes ; la page de GOV.UK du 10 avril 2026 indique que l’UE devrait mettre en service ETIAS à partir de l’automne 2026. Aucune d’elles n’est une décision au titre de l’article 88.

Quelle que soit la date de démarrage, l’article 83 prévoit une période transitoire de six mois pendant laquelle ETIAS est facultatif, que la Commission peut prolonger de six mois au maximum, renouvelable une fois. Suit une période de franchise de six mois, prolongeable de six mois au maximum, pendant laquelle l’autorisation est exigée mais un voyageur qui franchit la frontière pour la première fois depuis la fin de la période transitoire peut encore être admis s’il remplit toutes les autres conditions d’entrée. Pendant la période transitoire, le portail des transporteurs répond « OK » pour chaque passager (article 83, paragraphe 5).

Réponses rapides

Les conducteurs de poids lourds doivent-ils s'enregistrer dans l'EES ?
Oui, s'ils sont ressortissants hors UE et entrent pour un court séjour. L'EES enregistre les ressortissants hors UE à chaque franchissement des frontières extérieures de 29 pays européens, qu'ils soient soumis ou non à l'obligation de visa, et il est pleinement opérationnel à tous les points de passage des frontières extérieures depuis le 10 avril 2026. Les conducteurs exemptés de visa fournissent une image faciale et quatre empreintes digitales lors du premier enregistrement ; les conducteurs titulaires d'un visa de court séjour fournissent une image faciale, car leurs empreintes digitales figurent déjà dans le système d'information sur les visas. La FAQ officielle de l'EES ne cite que deux façons pour un conducteur professionnel d'échapper à l'enregistrement : un visa national de long séjour ou un titre de séjour, ou un allègement au titre de travailleur frontalier en vertu du point 5 de l'annexe VII du code frontières Schengen.
La règle des 90/180 jours s'applique-t-elle aux conducteurs professionnels ?
Oui. La FAQ officielle de l'EES indique que la mise en œuvre de l'EES ne change rien aux règles relatives aux courts séjours, qui autorisent 90 jours sur toute période de 180 jours, calculés comme une seule et même période pour les 29 pays qui mettent en œuvre l'EES. L'article 6 du code frontières Schengen compte le jour d'entrée et le jour de sortie comme jours de séjour. Ni le règlement (UE) 2017/2226 ni le règlement (UE) 2018/1240 ne contiennent de règle propre aux conducteurs routiers ; la stratégie de la Commission en matière de visas du 29 janvier 2026 annonce seulement qu'elle étudiera des courts séjours prolongés pour des groupes tels que les conducteurs de poids lourds.
Les conducteurs de poids lourds ont-ils besoin d'ETIAS ?
Pas encore : le 6 octobre 2026, ETIAS n'était pas en service et le site officiel d'ETIAS n'indiquait aucune date de démarrage. Une fois ETIAS en service, les ressortissants des pays exemptés de visa énumérés à l'annexe II du règlement (UE) 2018/1806, comme le Royaume-Uni, la Serbie ou la Macédoine du Nord, devront être munis d'une autorisation de voyage ETIAS en cours de validité pour les courts séjours dans 30 pays européens. Les conducteurs soumis au visa Schengen, comme les ressortissants turcs, n'ont pas besoin d'ETIAS. ETIAS ne prévoit aucune exemption pour les conducteurs routiers.
Combien coûte ETIAS et combien de temps est-il valable ?
20 € par demande en vertu de l'article 18, paragraphe 1, du règlement (UE) 2018/1240, tel que modifié par le règlement délégué (UE) 2025/1411, en vigueur depuis le 18 novembre 2025. Les demandeurs de moins de 18 ans ou de plus de 70 ans en sont exemptés. Une autorisation de voyage est valable trois ans ou jusqu'à l'expiration du document de voyage utilisé pour la demande, selon l'échéance la plus proche, et elle ne confère pas de droit d'entrée automatique.
Les autocaristes doivent-ils vérifier l'ETIAS de leurs passagers ?
L'article 45 du règlement (UE) 2018/1240 impose aux transporteurs internationaux de groupes assurant des liaisons routières par autocar de vérifier, au moyen du portail des transporteurs, que les passagers soumis à ETIAS détiennent une autorisation en cours de validité, mais pendant les trois premières années suivant la mise en service d'ETIAS, cette vérification est facultative pour les transporteurs par autocar et les sanctions prévues en cas de transport de passagers dépourvus d'autorisation valable ne leur sont pas applicables. Dans le cadre de l'EES, les transporteurs par autocar doivent déjà utiliser le portail des transporteurs pour vérifier si les passagers titulaires d'un visa de court séjour pour une ou deux entrées ont épuisé ces entrées.
Quand ETIAS entrera-t-il en service ?
Aucune date n'avait été fixée au 6 octobre 2026. En vertu de l'article 88 du règlement (UE) 2018/1240, la Commission fixe la date par une décision publiée au Journal officiel. Le 6 octobre 2026, le site officiel d'ETIAS indiquait qu'ETIAS n'était pas en service et que l'UE annoncerait la date de démarrage plusieurs mois avant le lancement. Le démarrage sera suivi d'une période transitoire d'au moins six mois, pendant laquelle ETIAS est facultatif, et d'une période de franchise d'au moins six mois.

Sources

  1. Regulation (EU) 2017/2226 establishing an Entry/Exit System (EES) — consolidated text of 12 June 2026 — EUR-Lex, European Union
  2. Regulation (EU) 2025/1534 on temporary derogations as regards the progressive start of operations of the Entry/Exit System, 18 July 2025 — EUR-Lex, European Union
  3. Commission Implementing Decision (EU) 2025/1544 of 30 July 2025 determining the date from which the Entry/Exit System is to start operations — EUR-Lex, European Union
  4. Regulation (EU) 2018/1240 establishing a European Travel Information and Authorisation System (ETIAS) — consolidated text of 12 June 2026 — EUR-Lex, European Union
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  6. Regulation (EU) 2016/399 (Schengen Borders Code) — consolidated text of 12 October 2025, Articles 6, 6a and 8d and Annexes VI and VII — EUR-Lex, European Union
  7. Convention implementing the Schengen Agreement of 14 June 1985, Article 26 (OJ L 239, 22 September 2000) — EUR-Lex, European Union
  8. Regulation (EU) 2018/1806 listing the third countries whose nationals need a visa — consolidated text of 30 December 2025, Article 6 and Annexes I and II — EUR-Lex, European Union
  9. Regulation (EC) No 1072/2009 on access to the international road haulage market — consolidated text of 21 February 2022, Articles 3 and 5 — EUR-Lex, European Union
  10. FAQs about EES, including the answer on professional drivers (page updated 29 September 2026), read 6 October 2026 — Travel to Europe, official EU website on EES and ETIAS
  11. Check how long you can stay — EES online tool and notes, read 6 October 2026 — Travel to Europe, official EU website on EES and ETIAS
  12. What is the EES?, read 6 October 2026 — Travel to Europe, official EU website on EES and ETIAS
  13. How does the EES work?, read 6 October 2026 — Travel to Europe, official EU website on EES and ETIAS
  14. Data held by the EES, read 6 October 2026 — Travel to Europe, official EU website on EES and ETIAS
  15. Travel to Europe mobile app (page updated 10 June 2026), read 6 October 2026 — Travel to Europe, official EU website on EES and ETIAS
  16. ETIAS: homepage, What is ETIAS, Who should apply and Frequently asked questions, read 6 October 2026 — Travel to Europe, official EU website on EES and ETIAS
  17. Key differences ETIAS and the EES (news item, 9 January 2025) — Travel to Europe, official EU website on EES and ETIAS
  18. Revised timeline for the EES and ETIAS (news item, 14 April 2025) — Travel to Europe, official EU website on EES and ETIAS
  19. Travelling to Europe with ETIAS by land (news item, 18 December 2025) — Travel to Europe, official EU website on EES and ETIAS
  20. Frequently Asked Questions in support of all carriers (FPI-25.0359), March 2026 — Frontex, ETIAS Central Unit
  21. Entry/Exit System (EES) — policy page, read 6 October 2026 — European Commission, Directorate-General for Migration and Home Affairs
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  23. Communication on EU visa policy strategy, COM(2026) 43 final, 29 January 2026 — European Commission
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  25. EU Entry/Exit System — guidance last updated 10 April 2026 — GOV.UK, Foreign, Commonwealth & Development Office and Cabinet Office
  26. EES: The new European border Entry/Exit System goes live on 10 April 2026 — EES and ETIAS page updated April 2026, read 6 October 2026 — France Diplomatie, French foreign ministry